On se souviendra du tollé de la blogosphère à propos de Poppy Rose (pour ceux qui ont raté l'épisode, voir ici , ici ou là ), mais cela m'a donné l'idée de regarder de temps en temps ce que certains appellent les "blogs de filles", je ne mets pas une liste exhaustive, il y en a une tripotée...mais certains liens seulement. Dernièrement sur Twitter, on a vu passer une allusion au fait que "les filles" font aussi du marketing, nom de d'là! Je ne pousserai pas l'analyse plus loin sur ce terrain du mon Dieu mais elles sont partout et j'en reviens donc aux blogs tricot, couture, broderie, bijoux, cuisine etc parce que , attention, coming out, je les lis et je les utilise!
Et les blogs que je regarde sont intéressants à plusieurs points de vue. Par exemple, ils font des sous. Oh pas avec de la pub en ligne ou en se faisant sponsoriser par telle ou telle marque, mais en étant la vitrine d'une activité. D'ailleurs , leurs créatrices viennent souvent du monde du travail et pas de leur cuisine de femme au foyer.
Par exemple, lil Weasel, un blog qui s'est "concrétisé" par l'ouverture d'une boutique, à Paris (voir l'histoire et les photos , ici). On y vend de la laine, des livres, des rubans, des aiguilles etc...et on y donne des cours lors d'ateliers payants. J'y vais souvent, la patronne est charmante et la mayonnaise a pris puisque les provinciales qui ne savent plus trop ou s'approvisionner y viennent faire leurs courses lors de passages à Paris. C'est un autre sujet, mais le fait main a de plus en plus d'adeptes, surtout chez les jeunes ( et on rencontre même des garçons au marché saint-pierre ou dans les merceries, eh oui).
il y en a d'autres, plein d'autres et beaucoup de boutiques en ligne, nées de blogs ou des blogueuses qui proposent leurs créations à la vente. Barnabé aime le café, Annabel Kern, les poulettes sont dans le grenier, la fée niasse, le bazar des roulottes etc etc...Chaque blog mettant sa blogliste, il n'y a qu'à aller voir.
Autre aspect intéressant, les tutos! Chez La Bobine, chez Joline, coupe-couture (incroyable, tant de travail de présentation pour être utile aux autres...). et là encore bien d'autres (cela se compte en dizaines, voire en centaines...) .Certaines traduisent des sites anglais pour les modèles de tricot, mettent les explications en PDF pour qu'on puisse les garder, n'hésitent pas à compléter de photos et même de vidéos....Tiens regardez ça par exemple: piqué sur patati et petites croix, un tutoriel qui a demandé sans doute bcp de boulot à sa créatrice
Et je ne parle même pas des forums ....
Bien sûr, les gros malins vont se marrer, mais moi, je trouve cela plus que sympathique, cette envie de partager, faire connaître, et de se donner du mal sans rien attendre en échange. Un véritable état d'esprit.. Et quand certaines cherchent à rentabiliser, cela reste tout aussi sympathique, pas toujours le cas des blogs de geeks, d'ailleurs, voire de certaines boutiques traditionnelles ou de rayons de grands magasins où on a souvent l'impression de déranger!
le blog de martine silber: marsupilamima,
Le sens de l'humour ne va pas toujours dans le sens de l'histoire.
mercredi 11 août 2010
lundi 26 juillet 2010
Avignon off, trop, donc je recycle
Au bout d'un moment, on sature. Trop de spectacles, trop de bruit, trop de sollicitations, trop de flyers, trop d'affiches, trop d'extraits de spectacle dans les rues (qui donnent souvent envie de les fuir), trop de monde, trop, trop, trop. Donc on va faire un tour à la campagne et au retour, ça va mieux. même si le mistral souffle sans discontinuer ce qui saoule un peu tout le monde.
Alors pour compenser les spectacles non vus pour cause de ras le bol, on se souvient de ceux que l'on a déjà vus, comme Mâ Ravan (voir sur mon autre blog, en juillet 2008 :http://avignon.blog.lemonde.fr/2008/07/26/quand-le-in-est-fini-le-off-continue-encore-un-peu-et/), "“un rituel de théâtre” à la mémoire des esclaves enfuis et rattrapés, assassinés, mains coupées" .
Cette année, le spectacle un peu réaménagé est à Présence Pasteur. Toujours aussi beau.Toutes les infos, ici
Alors pour compenser les spectacles non vus pour cause de ras le bol, on se souvient de ceux que l'on a déjà vus, comme Mâ Ravan (voir sur mon autre blog, en juillet 2008 :http://avignon.blog.lemonde.fr/2008/07/26/quand-le-in-est-fini-le-off-continue-encore-un-peu-et/), "“un rituel de théâtre” à la mémoire des esclaves enfuis et rattrapés, assassinés, mains coupées" .
Cette année, le spectacle un peu réaménagé est à Présence Pasteur. Toujours aussi beau.Toutes les infos, ici
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dimanche 25 juillet 2010
Révolte, Rébellion, Révolution....
Plusieurs spectacles plongent leurs spectateurs dans une épopée révolutionnaire à travers le temps et l'espace, la dernière nuit du Che au Chêne Noir, Les Révoltés du Bounty à La Manufacture, La Commune de Paris avec U-Topie,au Collège de la Salle, Spartacus, à Vileneuve en scène....et sans doute d'autres qui m'ont échappé.
Une constante, ça finit mal! Mais on le sait. Les communards d'U-topie forment un chœur grimé de blanc symbolisant les morts, recrutés pour chaque lieu de tournée parmi les choristes de la région (à Avignon, ils sont venus de Toulouse et de Grenoble) . Les comédiens eux sont permanents. L'aventure sans lendemain du peuple de Paris est contée à travers l'imaginaire d'une jeune fille d'origine bourgeoise égarée et adoptée par de braves gens qui vont tenter l'aventure d'une société égalitaire avec accès à l'éducation pour toutes et tous, justice et liberté. Entre rêve et cauchemar, l'Histoire avance, injuste, cruelle, entrecoupée de chansons. Fraternisation des troupes, discours généreux et formidables des représentants du peuple, envolées lyriques et fortes des femmes d'action (Louise Michel, bien sûr) font vibrer les spectateurs qui s'attachent aussi à l'amitié amoureuse et ténue de la jeune fille et de son soupirant naïf, à sa poupée royale et méchante venue du royaume de U.
Avec Spartacus, qui est déjà terminé puisque Villeneuve en scène s'est achevé le 23 juillet, la metteuse en scène Claire Dancoisne fait une fois encore vivre le théâtre d'objets. Dans un amphithéâtre où les spectateurs se pressent sur trois étages de gradins, comédiens, chanteurs lyriques, figurines, marionnettes et toutes une bande de pieds symbolisant les esclaves font revivre cette autre aventure sans lendemains. Un peplum à échelle réduite qui séduit par le rythme des tableaux successifs, l'inventivité décalée et drôle, le pathos comique, un petit régal. Si les objets (gladiateurs, bêtes féroces, machines de guerre ...) prennent la vedette, il faut aussi rendre justice aux deux chanteurs lyriques qui interprètent l'empereur et le général romain et aux comédiens manipulateurs qui symbolisent Spartacus et ses compagnons. Voir le dossier de présentation ici et pour ceux qui n'étaient pas en Avignon, la suite du calendrier ici
On rêve de ce que pourrait faire cette créatrice et le théâtre de la Licorne, avec un peu plus de moyens. Elle aussi d'ailleurs! Comme d'envahir la Cour d'honneur avec de petits personnages qui arriveraient de partout....
Photos Spartacus : Sylvain Liagre
Une constante, ça finit mal! Mais on le sait. Les communards d'U-topie forment un chœur grimé de blanc symbolisant les morts, recrutés pour chaque lieu de tournée parmi les choristes de la région (à Avignon, ils sont venus de Toulouse et de Grenoble) . Les comédiens eux sont permanents. L'aventure sans lendemain du peuple de Paris est contée à travers l'imaginaire d'une jeune fille d'origine bourgeoise égarée et adoptée par de braves gens qui vont tenter l'aventure d'une société égalitaire avec accès à l'éducation pour toutes et tous, justice et liberté. Entre rêve et cauchemar, l'Histoire avance, injuste, cruelle, entrecoupée de chansons. Fraternisation des troupes, discours généreux et formidables des représentants du peuple, envolées lyriques et fortes des femmes d'action (Louise Michel, bien sûr) font vibrer les spectateurs qui s'attachent aussi à l'amitié amoureuse et ténue de la jeune fille et de son soupirant naïf, à sa poupée royale et méchante venue du royaume de U.
Avec Spartacus, qui est déjà terminé puisque Villeneuve en scène s'est achevé le 23 juillet, la metteuse en scène Claire Dancoisne fait une fois encore vivre le théâtre d'objets. Dans un amphithéâtre où les spectateurs se pressent sur trois étages de gradins, comédiens, chanteurs lyriques, figurines, marionnettes et toutes une bande de pieds symbolisant les esclaves font revivre cette autre aventure sans lendemains. Un peplum à échelle réduite qui séduit par le rythme des tableaux successifs, l'inventivité décalée et drôle, le pathos comique, un petit régal. Si les objets (gladiateurs, bêtes féroces, machines de guerre ...) prennent la vedette, il faut aussi rendre justice aux deux chanteurs lyriques qui interprètent l'empereur et le général romain et aux comédiens manipulateurs qui symbolisent Spartacus et ses compagnons. Voir le dossier de présentation ici et pour ceux qui n'étaient pas en Avignon, la suite du calendrier ici
On rêve de ce que pourrait faire cette créatrice et le théâtre de la Licorne, avec un peu plus de moyens. Elle aussi d'ailleurs! Comme d'envahir la Cour d'honneur avec de petits personnages qui arriveraient de partout....
Photos Spartacus : Sylvain Liagre
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samedi 24 juillet 2010
La Rhinocérite frappe le festival "off"
Le Rhinocéros de Ionesco en coréen? On hésite...on s'attend bêtement , très bêtement, à quelque chose d'un peu folklo, costumes traditionnels , langue incompréhensible, on craint le surtitrage...Et à 11 heures du matin, en plus. Et puis, on y va. Et on est vraiment content.
La mise en scène d'Alain Timar, directeur du théâtre des Halles, installe ses comédiens dans un bureau contemporain symbolisé par des cubes blancs qui font office de tables comme de sièges et des parois à roulettes qui évoquent les paravents ou les cloisons amovibles et peuvent se transformer en miroirs réfléchissant la salle (et le public).
Les employés en tenues strictes, costumes noirs, chemises blanches, tailleurs noirs, chemisiers blancs pour les femmes, tapent sur les claviers de leurs ordinateurs, passent des coups de fils sur leur téléphone portable...Cela pourrait être n'importe où dans le monde des bureaux, une banque, une administration, une entreprise...
Tellement universel qu'on en oublie la langue et le fameux surtitrage. D'autant que les comédiens s'en donnent à cœur joie, à un rythme effréné, on sort, entrant, sortant, affairés, sérieux, sauf Bérenger, le trublion, le cossard, le pas dans la norme. Le résistant. Le seul qui tentera de s'opposer à la rhinocérite, quitte à perdre la jolie Daisy dont il est amoureux, à se retrouver isolé, à risquer sa vie.
De rhinocéros en rhinocéros, les rouages craquent, la machine si bien rôdée s'enraye, les apparences explosent et se recomposent, l'harmonie s'enlise dans une autre monotonie, une autre routine, un autre univers.
Toutes les infos ici
Photos: Manuel Pascual
La mise en scène d'Alain Timar, directeur du théâtre des Halles, installe ses comédiens dans un bureau contemporain symbolisé par des cubes blancs qui font office de tables comme de sièges et des parois à roulettes qui évoquent les paravents ou les cloisons amovibles et peuvent se transformer en miroirs réfléchissant la salle (et le public).
Les employés en tenues strictes, costumes noirs, chemises blanches, tailleurs noirs, chemisiers blancs pour les femmes, tapent sur les claviers de leurs ordinateurs, passent des coups de fils sur leur téléphone portable...Cela pourrait être n'importe où dans le monde des bureaux, une banque, une administration, une entreprise...
Tellement universel qu'on en oublie la langue et le fameux surtitrage. D'autant que les comédiens s'en donnent à cœur joie, à un rythme effréné, on sort, entrant, sortant, affairés, sérieux, sauf Bérenger, le trublion, le cossard, le pas dans la norme. Le résistant. Le seul qui tentera de s'opposer à la rhinocérite, quitte à perdre la jolie Daisy dont il est amoureux, à se retrouver isolé, à risquer sa vie.
De rhinocéros en rhinocéros, les rouages craquent, la machine si bien rôdée s'enraye, les apparences explosent et se recomposent, l'harmonie s'enlise dans une autre monotonie, une autre routine, un autre univers.
Toutes les infos ici
Photos: Manuel Pascual
lundi 19 juillet 2010
Avignon off, on va voir quoi? on va où?
Comment choisir? C'est un peu mission impossible. Les gens sérieux font un programme à l'avance en fonction des lieux et des horaires, les autres font comme ils peuvent, le bouche-à-oreilles aidant. Bien sûr, le catalogue (car c'est vraiment un catalogue comme celui de la manufacture ou celui de la Redoute) est bien fait, avec ses multiples entrées, son plan, ses "pitch" etc etc. N'empêche, y en a trop! Et chacun y va de ses conseils avisés, de ses haussements d'épaule, de ses soupirs de découragement.On finit par se dire qu'après tout, le meilleur moyen de ne pas se planter, c'est d'aller revoir un spectacle...Pas très audacieux, certes, mais aussi délicieux que de relire un livre. Par exemple, tiens, L'Apprentissage de Jean-Luc Lagarce que je n'ai pas revu depuis ce 7 décembre 2008, est à La Luna.
Ou Face de cuillère de Lee Hall (scénariste du film Billy Elliot) qui avait été créé par Michel Dydim et Romane Bohringer et que l'on retrouve ici toujours dans la traduction de Fabrice Melquiot (éd de l'Arche) avec une comédienne époustouflante, Laetitia Loulalion, mise en scène par Alain Batis, au Ring. Née toute cassée, Face de Cuiller est une petite fille qui adore l'opéra et joue génialement avec les chiffres. Une petite fille qui va mourir d'un cancer et qui dit le désespoir, l'incompréhension, son cerveau pas comme les autres, l'amour de ses parents ou de madame Patate, l'attention des docteurs , Dieu, l'holocauste....Pas gai? Non, mais si. On oublie la tragédie, le mélo, par le texte et la grâce de la comédienne, ses mains retournées, fébriles, son corps déglingué et attentif, sa voix qui voudrait tant chanter la beauté.
Infos ici
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