
Pour en revenir au billet précédent, quelques précisions. L'attachée de presse du "off" a le courage de poser le débat, ce que personne ne fait. Je lui ai demandé par mail d'intervenir sur ce blog et j'attends sa réponse.
Les
organisateurs du off (qui a connu maintes péripéties) ont affirmé en
mars dernier que
" La croissance régulière du nombre de compagnies exige que nous passions d'une logique d'accueil des équipes artistiques à une logique de recherche et de développement du public. Cette question se pose aussi bien en terme quantitatif, qu’en terme de diversité. Il convient donc d’inventer de nouvelles relations avec ces publics."Sur le même site, on trouve d'autres précisions:
LES COMPAGNIES
Fréquentation
Au festival 2008, 33 % des compagnies venaient pour la première fois dans le OFF.
Les 2/3 restants connaissent bien le OFF pour y être venue plus de 3 fois et parmi elles
10 % étaient présentes plus de 10 fois.
Lorsqu’une compagnie vient à Avignon, elle a déjà représenté son spectacle en moyenne une cinquantaine de fois, seuls 42 % des spectacles ont été « rodés » moins de 10 fois avant d’être présenté au public d’Avignon.
Finances
56 % des compagnies ne reçoivent aucune aide financière, si ce n’est une aide logistique au titre de leur venue au festival OFF.
50 % des compagnies présentes dans le OFF en 2008 ont un budget annuel inférieur à 50 000 €.
Seules 20 % des compagnies ont un chiffre d’affaires supérieur à 250 000 €.
63 % des compagnies louent le théâtre pendant la période du festival.
37 % d’entre elles sont accueillis dans le cadre d’une coréalisation ou d’une co-production.
Contacts
Enfin, fort d’un taux de remplissage moyen de 54 %, certaines compagnies repartent de la Cité des Papes avec un nombre de contacts professionnels (programmateurs, journalistes) d’environ 57, ce qui laisse escompter une vingtaine de contrats. Une étude à plus long terme nous permettra de mieux connaître la réalité de l’impact de notre festival sur la diffusion des spectacles présentés.La décision d'instituer en 2008 un décalage d'une semaine entre le "in" et le "off" a été extrêmement critiquée, cette année les dates sont beaucoup plus resserrées: du 8 juillet au 31 juillet pour le off, du 7 au 29 pour le "in".
A titre de comparaison, le bilan du "in" en 2008 était assez impressionnant:
Dans 24 lieux, le Festival a présenté 45 spectacles (dont les 4 de la 25ème heure et les 8 Sujets à Vif) soit un total de 310 représentations et 3 expositions ou installations payantes, des lectures, des conférences, des débats. Les spectacles ont connu la même fréquentation record que l’an passé avec un taux de 93 % mais avec 16 000 places délivrées en plus, portant le nombre de places délivrées à 116 000 entrées pour les spectacles auxquelles s’ajoutent 14 000 entrées pour les expositions et installations payantes, soit un total estimé à 130 000 entrées.
Le succès de fréquentation des propositions gratuites démontre l’attention portée à accroître l’accessibilité du Festival. A noter celle de l’école d’art qui, avec plus de 13 000 visiteurs, s’affirme comme le lieu de rendez- vous de tous les spectateurs. Les lectures, films et cycle du Théâtre des idées ont été fréquentés par plus de 15 000 personnes. Le nombre de jeunes (- 25 ans et étudiants) continue de croître (plus de 15 000 entrées) comprenant les 660 lycéens venus avec l’aide de leurs régions, du ministère de l’Education nationale et encadrés par les équipes des Ceméa.Ce qu'il faut avoir en tête, c'est que le "in" a une programmation définie, pensée, précise. Le "off", d'une certaine façon doit faire avec ce qu'il y a: cad des compagnies qui jouent leur va-tout (
avec un budget annuel cf ci-dessus inférieur à 50 000€, un mauvais résultat peut être catastrophique) pour se faire remarquer du public et des programmateurs. Aux organisateurs de gérer cette diversité avec ce que cela peut avoir de pire (des spectacles vulgaires, grotesques ou simplement peu intéressants) et de meilleur.
Le dossier de presse fait état d'une reprise en mains du off et annonce de nouveaux événements dont un hommage à Koltès, l'introduction de débats, de rencontres, et "l'installation de deux critiques en résidence, Bruno Tackels (Mouvement) et Diane Scott (Regards)" , que de bonnes idées!
Mais avec plus de 1000 spectacles en 2008 ramenés à 980 , les spectateurs ont bien du mal à s'y retrouver. La presse fait ce qu'elle peut mais donne la priorité au "in" , le bouche à oreilles fonctionne, et nous sommes quelques uns à espérer que les blogs ont leur rôle à jouer.